Un voyage sans problèmes avec Air France, même à l’heure et sans surprise nos sacs étaient présents à l’arrivée. Notre amie Paula nous attendait comme dab. Juste un petit grain pour rafraîchir et l’embouteillage traditionnel pour quitter l’aéroport. Nous avons trouvé le ponton de Girls et celui-ci, et déjà quelques amis d’avant. La station a bien évolué avec des bâtiments neufs, cela fait moderne mais pas choquant. Le voilier(GIRLS) étant clean. Une bonne nuit nous attend pour récupérer le décalage horaire.

 

Courrier à GIRLS (les heureux propriétaires)

Nous commençons à connaître dans le détail ce super canot qu’est le Bénéteau 473.  Notre avitaillement touche à sa fin. Aujourd'hui lundi nous sommes encore sur la place à quai pour tout terminer et ne rien négliger. Votre ami Eric Jean-Joseph DG du port nous a confirmé que financièrement cela ne changerait rien car votre contrat à quai est dans un forfait qui se termine mercredi. Demain nous allons le saluer car nous quitterons la place pour rejoindre le mouillage à quelques brasses et ensuite quelques jours sur Sainte Anne. Nous avons jusqu'au 31 pour récupérer notre ami Robert en Guadeloupe, terminer les pleins et faire le frais et se positionner avec la météo pour un départ dans les 8/10 premiers jours d'avril du Nord Guadeloupe ou Antigua.

Donc, pour résumer tout est déjà au point, plus rien ne cloche, je viens de vérifier les feux de navigation, c'est ce que j'avais compris dans la modification du tableau, tout est à présent en haut du mât. Pierre, un ami de Port Camargue, nous surveille. Il vient d'ailleurs de récupérer ses femmes à l'avion du soir. Il  nous a prêté son annexe pour terminer l'avitaillement n'étant pas ainsi obligés de mettre à l'eau la nôtre et lui trop heureux de nous rendre service! Pour le rhum je ferai le maxi avec l’avis des douanes, je pense que cela ne sera pas un problème. Pour le moment nous faisons des essais…toujours concluants et en bonne compagnie.

Les Gones flottants Nadine et Guy

<le 23/03/11>

Depuis 24 heures nous sommes au mouillage dans Le Marin. Quelques inconvénients nous n’avons plus l’ordi et les bases Wifi sont trop loin. Il y a pas mal de vent la journée mais la nuit ça se calme et elle a été bonne.   La soirée ns l’avons passée avec des amis <ex Topette et à présent Olympe> des bretons rencontrés en Méditerranée et ensuite aux Antilles.  Ils viennent d’acheter un cata d’occase mais de 4 ans. Cela ne leur empêche quelques pannes (batteries douteuses) enfin ils sont satisfaits de leur choix heureusement car leur bébé a coûté 260000€. Aujourd’hui encore quelques courses en annexe <plus facile qu’à pied> et demain jeudi nous partirons pour les Anses d’Arlet et commencerons doucement la remontée de la Martinique jusque en Guadeloupe où ns attendrons Robert qui arrive le 31 avril.  Le compte à rebours est commencé. Tu as bien des choses de Pierre qui vient de recevoir son épouse et  sa belle-sœur pas du tout bateau, son épouse ne veut même pas sortir jusque Sainte Anne, sa belle-sœur serait plus partante, encore un qui a fait le mauvais choix, enfin concernant le voilier !

 

Samedi 26 mars 2011. Nous sommes aux Anses d’Arlet depuis 15H locales et il n’arrête pas de pleuvoir au point tel que nous avons dû zapper le resto, il faut que ça pleuve !  Avant nous sommes restés jeudi et vendredi devant Caritan, enfin devant le club IGESA Nadine vient de commencer l’écriture des cartes postales que nous posterons dès que possible. Bien sûr pas question de se connecter pour le moment mais nous allons trouver la solution dans les prochains jours. J’ai commencé le carénage à la spatule et en plongée du voilier, c’est un gros morceau mais cela se fera dans le temps avant la traversée. Je dois réserver un peu de boulot pour Robert qui nous rejoint jeudi.

Girls est au point j’ai terminé hier la dernière bricole et je commence à bien le connaître il marche très bien et a des mouvements doux. Bon alors ce soir soirée calmos cela ns changera d’hier soir où ns sommes allés manger les ribs avec nos amis.

à bientôt Nadine et Guy

 

Salut les Paccaud Girls, Chers amis,

Nous sommes aux Anses d’Arlet sous une pluie battante le mouillage est calme. J’avais déjà  commencé le carénage de la coque devant Sainte Anne. Cela se fera en plusieurs fois mais c’est un gros morceau et la végétation avait tapissé sur une épaisseur de 10cm, un vrai fond d’aquarium, mais très peu de coquillages et j’ai l’impression de faucher les gorgones à la spatule. En dessous la sous marine est bonne et la couche suffisamment épaisse. Je dois aussi laisser un peu de boulot < la quille> à notre ami Robert qui arrivera jeudi à Pointe à Pitre Guadeloupe. J’ai trouvé la panne des panneaux solaires, c’était le fusible jaune de 20A qui était mal enquillé. Je n’ai donc plus de bricolage et Girls est dans sa configuration de traversée. Cet après-midi nous avons navigué voile et moteur <1500TM>. J’ai emprunté une manivelle de winch à notre ami Pierre car je n’en ai trouvé qu’une à bord et je lui ai prêté une bouteille de gaz vide. Nous referons les échanges à l’arrivée sur PC. Voilà, demain en principe nous continuons plein Nord avec une nouvelle étape sur Saint Pierre ou la Dominique suivant la météo qui n’est pas très bonne depuis quelques jours, mais ici cela change si vite ! Nous ne sommes pas pressés (j’ai retrouvé la deuxième manivelle de winch au fond du coffre outillages).

Nadine et Guy

 

Salut Aimé Chère Monique <Amis navigateurs très proches>

Nous sommes depuis lundi midi aux Saintes après une préparation d’une semaine en Martinique. J’ai épluché de A à Z tous les coins et recoins de GIRLS et réparé ce qui ne fonctionnait pas, manette des gaz grippée, guindeau fils fondus et prise KO. J’ai trouvé la panne des panneaux solaires, c’était le fusible jaune de 20A qui était mal enquillé. Enfin il ne fait pas bon laisser un voilier sous le climat des Antilles sans une préparation pour le stockage sérieuse car ici le mot hivernage fait rire ! Notre galop d’essais Martinique Guadeloupe s’est ainsi bien passé et le voilier est facile à manœuvrer même à deux. Malgré le début du carême nous avons un régime de grains importants,  mais le charme des Saintes fait passer bien des choses. Jeudi soir nous serons à Marina Bas du Fort pour attendre notre ami Robert et ensuite petite attente météo pour lancer la traversée, sûrement fin ou début de la première semaine ou début de la suivante. Nous pensons très fort à vous deux et regrettons le jeune âge de Monique pour que nous ne puissions l’entraîner dans nos aventures alizéennes sans l’obliger à la traversée.

Nadine et Guy dits les Gones flottants.

 

30 mars 2011 : lettre aux amis.

Les Saintes  le 30 mars îlots à 15MN de la Guadeloupe< Flash back>

Nous avons quitté samedi midi Caritan et en quelques heures rejoint les  Anses d’Arlet et à peine mouillé une pluie battante <grain> rince le mouillage. Pas besoin de nettoyer et dessaler le pont ! J’avais déjà  commencé le carénage de la coque devant Sainte Anne. Cela se fera en plusieurs fois, mais c’est un gros morceau et la végétation avait tapissé sur une épaisseur de 10cm un vrai fond d’aquarium, mais très peu de coquillages, j’ai l’impression de faucher les gorgones à la spatule. En dessous la sous marine est bonne et la couche suffisamment épaisse. Je dois aussi  laisser un peu de boulot < la quille> à  notre ami Robert qui arrivera jeudi à Pointe à Pitre Guadeloupe. Girls notre voilier est à présent au point pour traverser. J’ai terminé hier la dernière bricole et je commence à bien le connaître. Il marche très bien et a des mouvements doux Bon, alors ce soir soirée calmos, cela ns changera d’hier soir où ns sommes allés manger les ribs avec des amis au petit village de Sainte Anne. Suite …

Nous remontons la Dominique dans un mélange d’alizé et de vent tournant sous le passage des mornes plus élevés. La mer a fondu sous le couvert de l’île. La traversée du canal entre la Martinique et la Dominique reste virile avec une mer de 1.80m et un vent d’Est de 25nds. Cela reste un bon test pour le réglage de la voilure et notre Girls semble avoir du répondant. Notre soirée se terminera dans le grand mouillage du N de la Dominique <Prince Ruppert’s Bay>. L’accueil des barques nous vantant leurs services est de coutume mais comme nous connaissions Spaghetti, sûrement le doyen, nous avons eu un corps mort d’honneur. Christian le fruit-man encore plus pauvre que lui dans une caisse plus qu’une barque écopant sans arrêt, nous proposa quelques fruits <bananes et pamplemousses rustiques mais excellents>  et pour 15€ car nous n’avons pas de biwi, monnaie des îles 5 fois plus faible, ils étaient heureux du change. Nous avons eu une nuit d’une tranquillité de prince sous leur surveillance. Nous nous endormîmes bercés par le Zouk local, nous avions été invités au barbecue sur la plage mais trop fatigués nous préférions en rester là. Lundi matin 7H nous lâchons la bouée d’amarrage de Spaghetti montons la grand voile et nous nous laissons glisser hors du mouillage sous un soleil déjà chaud. Cliché de rêve, cela existe encore. Nadine prépare le petit déjeuner, pas besoin de parler, tout est là, devant nous, nous devinons les Saintes et par derrière la Guadeloupe, sous notre tribord nous voyons Marie Galante. Nous aurions envie de ne plus bouger, de figer la photo.

Amitiés marines de Nadine et Guy dits les Gones flottants.

A suivre.

 

 Les Saintes (paradis des marins) le lundi 5 avril 2011. Salut les Amis.

La récupération de notre ami Robert sur Marina Bas du Fort s’est très bien passée et mon recul à quai en marche arrière super grâce aux hélices d’étrave. En fin de compte nous ne sommes restés qu’une nuit au port, juste de quoi affiner l’avitaillement et compléter le plein de gasoil <50L> et d’eau. Le lendemain nous repartions pour le mouillage de  Gosier un peu rouleur pour Robert et de suite retour aux Saintes où nous bullons.  Nous avons terminé le carénage de la quille ce matin avec le bloc de plongée, revu la commande de gaz qui retrouve sa configuration d’origine, la séance dégrippage a bien fonctionné et elle retrouve sa douceur d’antan. Avec la nouvelle prise le guindeau fonctionne comme lorsqu’il était neuf. Le petit hors-bord nous emmène chaque jour à terre. Nous surveillons la météo qui se présente pour le moment bien. Nous souhaiterions avoir la connexion Iridium pour samedi ainsi, si rien ne change, début de semaine prochaine nous prenons la grande route Voilà chers amis tout est pour le mieux. Grosses bises à tous et sûrement encore un petit mail avant le départ et ensuite l’Iridium prendra le relais.

Nadine et Guy plus Robert dits les Gones flottants

 

Salut.

Nous sommes de retour aux Saintes depuis quelques jours où nous bullons très fort. Notre Robert s’amarine et commence à prendre la couleur locale. Nous profitons au maxi car l’entretien s’est terminé ce matin avec le carénage de la quille. Notre voilier Girls est dans un état parfait et très confortable, à trois on se cherche. Le temps est toujours super. Nous pensons très fort à vous et sommes conscients que nous avons beaucoup de chance. Si la météo continue comme cela début de semaine prochaine nous lèverons l’ancre, cap sur les Açores.

Nadine et Guy

 

 

 Journal de bord de GIRLS.

 

ANTIGUA 17°00N et 61°45W le mardi 12 avril 2011.

7H locales. Oui c’est du mouillage d’Antigua que nous partons avec un ciel bien triste balayé par les grains, pas de vent, normal nous sommes sous le couvert de l’île. 12H plus de moteur petit vent 15nds d’Est nous marchons 5/6nds cap 30° à 50° du vent dans des petits grains répétitifs.

18H30 nous traversons un très gros oui très gros grain fort en vent 35N mais qui aplatit la mer comme un billard. Alors Girls passe plutôt bien avec ses douze tonnes et ses 14 mètres. Nous gardons capote et bimini, ouf.

 

Mercredi 13 à 0H posi18°25N et 61.14W distance 78MN d’Antigua.

La mer est belle. A 2H Robert bien que barbouillé assume son quart pour 2 heures. Nous nous faufilons au travers des grains plus au moins importants et violents. La nuit passe ainsi avec la reprise de Nadine vers 5H comme dab. 12H en cherchant la farine dans le coffre bâbord  Nadine constate qu’il y a de l’eau. Nous sommes obligés de le vider et transférer la nourriture. Nous évaluons la fuite à 5 seaux toutes les 3 heures donc une fuite importante. Pendant que mon pain lève je cherche en vain la fuite et nous continuons à vider les seaux.

 

 

Jeudi 14 à 0H posi20°31N et 60°46W 100MN en 24 h.

Nous cherchons toujours la fuite et ne comprenons pas où est la source. J’ai inspecté toutes les vannes, le presse-étoupe, les bases de chandeliers, la jonction de la cloison avant, enfin tout ce qui peut laisser entrer l’eau. La nuit est tranquille seul le mal de mer de Robert nous inquiète, il souffre vraiment et même s’il prend sur lui nous voyons bien qu’il ne garde aucune nourriture. En cherchant la fuite avec une lampe je découvre sous le réservoir des eaux noires, dans un endroit vraiment inaccessible sans démontage, la fuite est grosse comme le petit doigt. Séance de démontage de la cloison, mais pour extraire la cloison il me faut démonter une partie du cabinet de toilette, je vous passe le temps et les détails, le fait est  qu’avec deux pinoches la fuite s’arrête ainsi que le siphonage et c’est là le plus important. Soulagement général car j’envisageais de rejoindre Saint Martin à 400MN. Il nous faudra plusieurs jours pour extraire toute l’eau qui s’était répartie dans les fonds et sécher la moquette. La traversée n’est plus compromise.

 

Vendredi 15 à 0H posi22°47N et 60°19 E 120MN en 24 h, pas si mal vu la journée. La nuit est belle j’ai la visite de Robert qui me dit aller un peu mieux mais je vois bien que ce n’est pas terrible et qu’il se bagarre avec lui-même. Nadine assure toujours les relèves au lever du jour, heureusement car la nuit est longue.

7H pour la première fois léger rayon de soleil 8H3O récupération générale. Je prépare un cake lardons tomates. La houle est plus longue, c’est mieux pour Robert mais il est bien jaune ! Ce soir ce sera jambon beurre et pâtes, nous aimerions le voir garder un peu de nourriture, pour le moment ce n’est pas le cas. 20H nous passons un très gros grain, je laisse courir Girls durant une bonne 1/2h pour en éviter d’autres en travers de notre route. Le vent est à 25nds, la mer est de nouveau agitée, notre moyenne en fonction des éléments est modeste mais convenable et surtout quelques ruissellements de-ci de-là mais plus d’entrée d’eau, il faut voir ce qu’il tombe sous les grains.

 

Samedi 16 à 0H posi24°52N et 59°39W 118MN en 24 h.

Beaucoup de changements de rythme, le vent force à 30nds, quelques petites déferlantes, merci capote et la hauteur sur l’eau de Girls. Quelques rayons de soleil suivis de brume et pluie, toujours très nuageux enfin nous progressons modestement mais sûrement. Notre Robert assume mais c’est pas ça et cela commence à nous inquiéter.

 

Dimanche 17 à 0H posi27°03N et 59°17W 117 MN en 24h.

La nuit est difficile, toujours pluie et grains, la mer devient forte et de face. Nous naviguons à 50° du vent pour éviter de taper. Je fabrique un pain, cela arrange l’atmosphère intérieure. Robert souffre vraiment il reste allongé pour ne pas déranger, il perd du poids. Nous passons la journée dehors avec Nadine à discuter souhaitant que cela passe. 21H le lock marque 111MN. 23H toujours en veille en haut je mets Girls en allure réduite pour éviter de le faire taper et pouvoir me reposer par tranche de 20mn en bas. Triste dimanche ! Oui vraiment difficile jusqu'à présent ce retour, en plus ça commence à se refroidir 15°.

 

Lundi 18 à 0h posi29°17N et 58°30W   125MN en 24h, il fait froid.

Mer très forte d’après RFI météo marine que nous prenons chaque jour à 11H30 Antilles. Pourtant le baro est à 1020, dans la journée le ciel est souvent bleu, nos panneaux solaires donnent à fond, c’est très rassurant, notre cap s’arrange ainsi que Robert. Je prépare un couscous bateau non pas des boîtes, cela m’occupe et me sort du pont où je passe 90% de mon temps. Robert et Nadine veillent c’est sympa. Pour moi une petit sieste réparatrice dans l’après-midi, journée bien mieux qu’hier, nous positivons. La première île qu’est Flores est à 1400MN. 2592kms 17H ça bouge toujours mais plus supportable malgré l’allure près du vent. 84MN depuis 0h.

 

Mardi 19 à 0h posi31°03N et 56°52W baro 1023 111MN en 24h brume.

Je réduis la voilure car le vent force,  la mer est agitée à forte.

4H15 nous croisons un cargo et vérifions ainsi l’AIS c’est super.

8H météo inchangée, toujours des grains mais le vent repasse en dessous mer houleuse de face et re ciel gris. Le vent tombe à 14nds, toujours au près serré au 80° pour 90° sur le cap. Journée passable sauf Robert peut-être un léger mieux mais toujours jaune ! Malgré une semaine de mer. Je pensais que cela s’arrangerait au bout de trois jours.

 

Mercredi 20 à 0H posi32°27N et 55°05W 111MN en 24 h pluie et soleil.

Bonnes conditions et relève de Robert, mais le vent tourne de 30° évidemment dans le mauvais sens, nous revoilà à 60° de l’objectif !

Pas de changement dans la météo. 13H30 nous recroisons un cargo faisant route vers les Bermudes ainsi que pas mal de dauphins et des

« Argonautes » le nom scientifique est PHYSALIE. Le vent réadonne ! Nous prenons le repas tous les trois à table. Je prépare deux pains. Le vent retourne et nous assure un cap au 80° <c’est L’Amérique> mais petite vitesse 4nds. On se traîne ça repose !

 

Jeudi 21 à 0H posi33°34N et 53°33W 98MN en 24h mais sur le cap.

Robert me relève à 3H J’en avais besoin, il y a du mieux il est moins jaune et retrouve les bruits de ses boyaux ! Bon signe il ne reste plus qu’à les remplir. Toujours petite vitesse mais sur le cap. 4h relève de Nadine. 7H30 prise d’une météo favorable. 12H apéro et chique-taille de « bacalao » morue aux pommes de terre. Sieste au soleil, je sèche ! Nous marchons 5nds au cap 100 Cela s’arrange, le moral aussi. 20H30 le vent tombe nous mettons du moteur. Quelques nuages, nous marchons 6nds sur le cap.

 

Vendredi 22 à 0H posi34°18N 50°50W 130MN en 24h grâce au moteur.

Le vent est à plus de 20nds et notre cap est bon. Nous sommes à moins de 1000MN (1650km) de Flores. 4H Nadine relève Robert nous avons la visite d’un petit cachalot peu farouche ainsi que de nombreux dauphins. Ptit déj super avec pain bateau beurre confiote. Je fabrique deux pizzas dont une « calsone ». Bons moments, Robert renaît et surtout remange et garde. Un petit couinement en provenance de la barre tribord me gène mais ! Je resserre des vis sur le portique des panneaux solaires. Nous traînons à quatre, cinq nœuds parfois six . Bonne journée en général.

 

Samedi 23 à OH posi34°52N et 48°13W journée à 130MN et 968MN d’Horta (île de Faïal), ça fait du bien de passer sous les 1000. Robert me relève vers 1H cela fait du bien de le voir reprendre goût à la vie de marin.  4H nous relevons Robert et essayons de tangonner le génois. Le bruit de la barre à roue me gène, je démonte dans un calme par un accès sous le compas, bien vu, une vis reliant celle-ci se fait la tangente donc réparation huilage remontage cela occupe le temps et ça marche.

12H rentrons de nouveau dans des grains violents, donc nous détangonnons, bien fait, le vent vire de face et en force pour retomber et reprendre de plus belle à 35/40/45nds, nous ne faisons même plus le cap, nous étalons au mieux. 21H il fait nuit et très froid je suis trempé, le vent hurle et la mer forcit 55N.  Je note la position et mets le voilier à la CAPE (génois réduit bloqué et barre attachée à contre). Le voilier monte et descend la vague doucement et ne dérive que peu. J’explique la technique à Robert pour le rassurer et je vais dormir sur le plancher en bas, dans le carré, bien à l’abri et me roule dans une couverture pour récupérer sans oublier de faire un 360° à l’extérieur  toutes les 20mn ainsi je récupère dans une ambiance presque calme. Nadine aussi reste en éveil je compte sur elle pour surveiller mon sommeil car je suis crevé.

 

Dimanche 24 0H posi34°52N et 46°20W  à la cape depuis 2h30  88MN

2H le vent se stabilise à 30/35 j’ai bien récupéré et  remets Girls en route voilure réduite, la mer est creuse mais moins cassante. Route 115/120 pas brillant. La mer toujours de face semblerait s’arranger, la journée s’annonce difficile. Je fabrique dans cette journée deux pains, je pense être dans le Golf Stream, un courant favorable de 1 à 2 nds, l’optimiste que je suis repositive. 18H nous croiserons un cargo et des tortues. Nous sommes donc bien sur la route et sûrement dans le courant du Golf Stream. 22H30 Un cargo nous remonte sur notre bâbord, le vent est instable en force et direction pour finir par tomber. Il y a des journées comme cela, c’est l’Atlantique !

 

Lundi 25 0H posi34°41N et 44°24W  96MN, visée au GPS pas si mal.

J’utilise la comptabilité des milles parcourus avec le GPS car le lock est pessimiste de presque 10%. Plus de vent j’en profite pour faire un peu de moteur sur le cap 80. 3H reprenons la voile mais sur le cap avec l’établissement d’une houle longue, le vent s’orientant W <chic chic> 15H30 cela recommence à bricoler, nous avons du mal à quitter cette dépression. Je dois changer la bouteille de gaz. 18H repas spaghetti comme Nadine sait les réussir, cela te requinque deux hommes vite fait. Nous croisons deux autres tortues au gré du courant. Un nouveau cargo nous remonte il se nomme Erika, super l’AIS (détecteur de cargos pour simplifier). Sérieuse visite des dauphins de plusieurs heures, photos de Robert. 20H je suis toujours sur le pont mais le froid me gagne, je descends pour me réchauffer, Nadine veillera jusque 24H merci !

 

Mardi 26 posi 34°50N et 42°35W 90MN au GPS sur le cap, encore une petite journée ! Toujours sur le cap. 0H  je croise Nadine discrète mais là,  ns marchons 4nds mais sur la route 2h40 toujours sur le cap et même vitesse (4nds)  4H Robert me relève je vais dormir 6h petit déj bien à plat voiles tangonnées ns marchons 5nds ( il y a du mieux) 18H nous commençons les quarts car ns sommes toujours à l’heure des Antilles. Le vent passe au travers d’un seul coup comme en Méditerranée et 25nds de vent l’accompagnent, chouette nous avançons en vitesse et en cap 20H position pour la nuit inchangée et 20nds bien établis mais mer forte. Girls passe bien à la vague.

 

Mercredi 27 posi35°44N et 40°22W  121MN au GPS

Je pense à faire un bisou à Nadine dans son sommeil pour son anniversaire discret. 0H je croise Robert qui œuvre normalement, la mer est forte et nous déboulons à 6/7nds dans la froidure. Je remarque qu’il a passé le harnais. 11H apéro et repas choucroute, toujours un dessert, sieste dans l’après-midi, la fatigue commence à marquer les visages. Le vent lâche un peu et reprend. Ce soir soupe chinoise soupe miracle pour tout le monde.  Nous sommes à environ 400MN de Flores et 500MN de Horta.

 

Jeudi 28 posi36°35N et 37°56W 130MN dans la journée sur le cap.

0H soit 4HTU le vent cale. 0H je reprends Robert ça bricole 4/5nds

3H mise au moteur, 5H18 remise sous voile à 1 ou 2 noeuds mais nous devons économiser le gasoil 10H essai de voiles en ciseau 18H eh bien nous marchons ainsi à 5nds droit sur le but, ciel gris et léger crachin humide. 20H le vent refuse et nous détangonons. 22H la pluie s’installe mais le vent reste à 60°.

Bonne nuit en perspective, c’est çà la plaisance ! 

 

Vendredi 29 posi37°28N et 35°44W 119 MN au GPS dans la journée.

Je reprends Robert. 2H nous traversons un très gros grain vent 30nds.

3H nouveau réglage Nadine me rejoint. 6H je fais tourner le moteur 30mn pour les batteries car manque de soleil.11H repas lentilles avec le reste du jambon de Robert, le vent passe au près ns croisons le cargo Normandie (nom que ns donne l’AIS) qui ns salue à la VHF. Vent toujours au près 16/20nds.11H30 annonce du coup de vent sur les Açores par RFI. Je replie avec Nadine par précaution le bimini, mais pas nécessaire pour le moment, on verra, deux précautions valent mieux qu’une. 15H je viens de faire une sieste, la vitesse reste bonne 6/7 ainsi que le cap. Je refais tourner le moteur car soleil insuffisant. 22H Robert prend le quart de 22H 0H le vent n’est pas plus fort que dab, nous restons en veille prêts à intervenir.

 

Samedi 30 posi37°55N et 32°51W 140MN GPS dans la journée.

Notre zone Açores ainsi que Porto et Gibraltar sont toujours en coup de vent. Horta serait à 203MN, je reprends Robert qui assume bien et ne semble plus touché par le mal de mer mais qui a bien fondu. Les traits de son visage gardent bien la trace de la souffrance. 4H je peux renvoyer toute la toile. 8H30 mise au moteur 1500t pour aider.10H30 ça redonne sous voile seule. 15H le coup de vent semble prendre forme mais pour le moment 25/30 c’est plutôt bien. 23H ah le vent rentre pour de bon mais au travers, alors c’est bien sauf la mer qui reste forte mais bien supportable par le travers !

 

Dimanche 1er mai posi38°21W et 30°16W 124MN et 121 d’Horta.

Avec ce vent nous sommes certains d’arriver aujourd’hui. 3H montée de Robert vent 30 nds, la mer est agitée à forte mais nous marchons super.

5H Nadine est sur le pont ns préparons notre arrivée ns marchons fort dans la piaule. Nous sommes à moins de 50MN de Faïal 10H nous devinons l’île mais pas Pico trop de brume nous avons la ligne GSM pour joindre les enfants les Paccaud (propriétaires de Girls). 12H nous arrivons dans le port d’Horta. Le quai d’accueil est libre, enfin presque car un énorme cata de 90 pieds est devant la pompe de gasoil. Les formalités seront vite faites car le dimanche c’est plus calme. On nous accorde une place sur un cat way que nous prenons doucement car le propulseur d’étrave nous a lâchés juste en arrivant. Le port est à moitié plein ou vide, c’est comme vous le voulez ! Nous sommes en avance sur la saison. Amarrage sérieux car ça souffle encore. Douche à bord, allons faire découvrir Peter Café Sport à Robert, bières, apéro, palabres, repas. L’ambiance est inchangée, mais pourquoi changer une affaire qui marche. Retour sur Girls, extinction des feux même s’il fait encore jour nous avons tellement d’heures de sommeil à rattraper et quel plaisir de s’endormir propre en tenue de nuit sans attendre un réveil surprise ou un bruit qui vous gâchera votre sommeil. A nous demain les travaux d’entretien nécessaires et le temps de savourer le plaisir de ce coin de paradis pour marins.  Nous resterons jusqu’au jeudi 5 mai jour de départ pour Ponta Delgada sur l’île de Sao Miguel la plus Est de l’archipel si l’on oublie Santa Maria mais 60MN plus Sud. José vient saluer notre départ, nous avons tous les pleins. Malgré les 160MN cette traversée sera une formalité pour Robert et nous-mêmes. Nous pensons ne rester que quelques jours en attente météo mais c’est une autre histoire.       

 

Chers amis PaccaudGirls.

Nous venons d’arriver ce vendredi 6 juin à Ponta Delgada 12H  dernière île des Açores enfin la plus à l’Est et c’est de là que nous espérons partir dimanche pour rejoindre Cap ST VINCENT et ensuite GIB La Linea <évidemment si tu comptes nous retrouver pour récupérer GIRLS ce qui ne serait pas une mauvaise idée>. Mais en consultant les fichiers nous nous trouverions mercredi jeudi vendredi dans une forte dépression de 25/35nds presque dans le nez. Donc je me donne jusque dimanche 8 pour prendre une décision les fichiers pouvant évoluer. Malgré cette froidure qui nous tient depuis notre arrivée sur les Açores 12/14°<<passage de fronts froids du N>> nous avons une bonne forme et avons bien récupéré de la transat. J’ai de bonnes nouvelles de Pierre qui part en remontant jusque la Guadeloupe. Il est avec un ami et sa santé est très bonne ainsi que le moral, c’est le plus important et je pense que Mai est moins rude qu’Avril..Votre voilier est confortablement installé dans la marina et à moins de 18€ la journée, que demande le peuple. Nous profitons de son confort puisqu’il n’y a plus de bricolage à faire. Le computer du pilote fonctionne bien et je l’ai complètement isolé de l’eau et embruns de sel. Voilà, je termine pour ce soir et vais dormir car la nuit dernière était musclée 25/30 dans le 120/140 et nous avons bouclé les 160MN en 26h sous génois tangonné et petit travers <100°> sur la fin. BIZZZZZ à demain Nadine et Guy.

 

Nous venons d’arriver ce vendredi 6 juin à Ponta Delgada 12H  dernière île des Açores enfin la plus à l’Est et c’est de là que nous espérons partir dimanche pour rejoindre Cap ST VINCENT et ensuite GIB La Linea si Thierry nous y attend  bien sûr. Mais en consultant les fichiers nous nous trouverions mercredi jeudi vendredi dans une forte dépression de 25/35nds presque dans le nez. Donc je me donne jusque dimanche 8 pour prendre une décision, les fichiers pouvant évoluer. Malgré cette froidure qui nous tient depuis notre arrivée sur les Açores 12/14°<<passage de fronts froids du N>> nous avons une bonne forme et avons bien récupéré de la transat. J’ai de bonnes nouvelles de Pierre ami de mon fils. Girls est confortablement installé dans la marina et à moins de 18€ la journée que demande le peuple. Nous profitons de son confort puisqu’il n’y a plus de bricolage à faire. Ponta Delgada n’a rien à voir avec Horta mais très agréable malgré son bétonnage. L’arrière vieille ville reste la même et en faisant un peu attention on retrouve les prix bas et les vrais restos. La météo pour envisager la traversée est très mauvaise alors nous devons attendre des jours meilleurs et nous recevons si vous nous  envoyez vos @ ! Nous vous tiendrons au courant lorsque nous serons sur l’Espagne. Grosses bises à vous tous  Nadine et Guy Robert .

 

Salut.

Bien du plaisir d’avoir de vos nouvelles. Pour nous pas grand changement. Nous attendons des jours meilleurs pour pouvoir décider du départ et rejoindre Gib. Ici aujourd’hui la journée était plutôt belle avec même un peu de soleil. Dans le voilier nous avons découvert que la clim était réversible et qu’elle savait chauffer, alors nous n’avons plus froid depuis deux jours. Nous occupons nos journées avec la découverte des mastodontes, ces super gros bateaux de croisière, qui font escale quelques heures ici, plus gros les uns que les autres, cela occupe. Le soir nous avons trouvé un petit resto à quelques € cela nous convient et c’est en plus bon.

 

Salut les amis voileux. Mercredi 11 mai.

Toujours en attente d’une météo praticable pour traverser sur Gibraltar.

Pour nous pas grand changement depuis notre arrivée sur Ponta Delgada <île capitale des Açores Sao Miguel>. Nous attendons des jours meilleurs pour pouvoir décider du départ pour rejoindre Gib. Ici aujourd’hui la journée était plutôt belle avec même un peu de soleil. Dans le voilier nous avons découvert que la clim était réversible et  savait chauffer alors nous n’avons plus froid la nuit depuis deux jours. Nous occupons nos journées avec la découverte des mastodontes, ces super gros bateaux américains <Nassau> de croisière, qui font escale quelques heures ici, plus gros les uns que les autres avec leur cargaison de touristes de toutes nationalités, cela occupe. Le soir ns avons trouvé un petit resto à quelques € cela nous convient et c’est même bon. Nous nous faisons quelques amis sur le ponton.

Aujourd’hui nous avons eu le soleil, ça fait du bien, ça réchauffe. Au programme, toujours consultation météo en priorité, qui n’évolue pas trop, ne change pas trop, toujours de l’Est et un vent fort <40/50N> sur la route jusque Gibraltar. On patiente encore. Quand ns partirons il faudra compter une dizaine de jours jusque Gib mais ça peut être plus. Il ne faut pas s’inquiéter si on met plus car en bateau on ne sait jamais exactement, patience … Sur la traversée on s’inquiétait quand on voyait les 3 semaines arriver car avec les calmes, on risquait de dépasser et on craignait que la famille se fasse du souci, et pourtant on aurait pu dépasser facilement car on a eu beaucoup de calmes.  Girls voilier plus confortable fait de moins bonnes moyennes que nos Gones toujours un peu régate simplement car il est plus lourd et moins voilé mais le confort a du bon et au port nous retrouvons une véritable résidence, c’est peut-être pour cela qu’il ne veut plus le quitter. Hier des amis régatiers ont tenté un départ, pourtant l’équipage était musclé eh bien dans la nuit ils renonçaient et rejoignaient le port au petit matin ayant rencontré des vents contraires de 40/50 nœuds et une mer forte. Voilà la vie de marins volontaires et amateurs n’est pas toujours facile. A une prochaine je l’espère sur le Sud de l’Espagne.

Nadine et Guy plus Robert.

 

Vendredi 13 mai 2011 Salut à tous.

Eh bien voilà nous bouclons notre première semaine passée sur Ponta Delgada Açores à attendre une météo navigable pour rejoindre Gibraltar. C’est long mais pas négatif et c’est également bien de se retrouver dans les bras de Dame  Nature et de constater que c’est elle qui décide. Cette année est une année La Niña ce fameux courant qui prend sa source dans le Pacifique et qui, je ne sais par quel tour de passe-passe, vient perturber notre Golf Stream et tout l’équilibre de notre planète, surtout pour nos océans. Nous avons contact avec des amis qui eux ont pu rejoindre le détroit ayant traversé avant nous <<parfois quelques jours suffisent pour passer>> eh bien ils sont bloqués à Cadix depuis une semaine ne pouvant passer le détroit de Gib juste à quelques M Nautiques. Ici le vent rentre fort ce matin et nous apprenons que la période de très beau temps que vous avez sur la France se détériore, alors c’est peut-être que notre anticyclone des Açores se décide à bouger et par le fait nous laisser un petit passage pour vous rejoindre.

Sinon Ponta Delgada est une ville très active et chaque jour un nouveau mastodonte américain des mers <<aujourd’hui c’est le ROYAL>> vient prendre la place de sa pote GRAND PRINCESS partie la veille avec ses 2 à 3000 passagers et tout cela sans un bruit juste quelques remous qui s’ajoutent à la houle permanente du port causée par le vent et ne dérangent même pas notre sommeil. Sommeil parlant, après ces 19 jours passés en mer au rythme de 2h de veille 2h je dors, passer une nuit complète sous sa couette dans une couchette qui ne bouge presque pas est un luxe très apprécié du mataf, il reste des plaisirs simples. Je vous tiendrai au courant de la suite car après le pot au feu de vendredi dernier mitonné en mer je me lance pour ce midi sur un petit couscous bateau. Je vous précise qu’ici il fait 14°.

Amicalement les Gones Flottants Nadine Guy et notre ami Robert.      

Brèves d’Atlantique dans le vent d’EST.

 

Cette nouvelle traversée de l’Atlantique N rentrait dans notre comptabilité pour la sixième pour Nadine <<deux par le Sud et quatre par le Nord>> et la dixième pour moi <<deux aller en solitaire et course, une en couple avec Nadine une en équipage sur un voilier ami et le reste par le Nord en couple avec Nadine et équipage>>. Chacune a été vraiment différente, aucune ne se ressemble au point de ne jamais parcourir le même océan. Toutes nous laissent des souvenirs et des moments de grâce difficilement explicables tant le plaisir est grand. L’Océan est tellement changeant que nous avons l’impression de chevaucher des vagues de douceur ou de colère sans vraiment en connaître les raisons. C’est lui qui décide de nos journées de nos nuits, nous sommes sa chose et notre voilier modestement lui glisse sur le dos. Après la traversée, une arrivée aux Antilles sous un chaud soleil ou un grain musclé vous laisse toujours béat. Même si vous connaissez le coin c’est chaque fois une nouvelle découverte. Il faudra quelque temps pour avoir envie de recommencer, puis la routine vous rejoint, l’homme est ainsi fait. Le retour par les Açores est très différent, bien que nous ayons eu la chance de faire des retours soleil et vent tranquille. Mais généralement cette traversée est plus musclée et les conditions plus nerveuses, le soleil est rarement de la partie, alors l’arrivée sur Flores ou Horta ressemble plus à une délivrance même si la partie n’est pas encore vraiment gagnée. Ces îles et la gentillesse des Açoriens savent vous redonner la confiance pour continuer votre parcours et de nouveau affronter l’Océan vers notre vieille Europe et sa chaleur de fin mai Parfois, et c’est notre cas aujourd’hui, nous devons attendre sur Ponta Delgada, Sao Miguel l’île la plus Est, l’ouverture, le droit de passage, la bonne météo et c’est ainsi que vous avez le temps d’envoyer quelques lignes aux amis pour essayer de partager le moment présent, la modeste vie de navigateur amateur qui ne ressent nullement cette expérience acquise au fil des anciennes traversées car chaque expérience est différente.

 Nadine Robert et votre serviteur Guy.

Les Gones flottants le 13 mai à Sao Miguel.

 

Chers amis, Cher Pierre <ami navigateur de P Camargue qui malgré ses 72 printemps attaque l’Atlantique Nord avec J Luc un ami>.

Ne te fais pas trop de souci pour ton carénage imparfait car au fur à mesure que tu progresses en direction des Açores la température de l’eau et de l’air va passer de 27° à 14° et en général les algues et autres coquillages crèvent avant d’arriver. Ici les carènes sont propres. Profite bien des vents favorables pour faire route, mais n’oublie pas de monter

et mettre du 30/40/50° dans ta route. Profite au max de ces grands moments de mer qu’est une transat. Ici les agapanthes commencent à fleurir et même si aujourd’hui nous sommes encore sur du vent fort. Mardi cela s’arrange. BIZZZ de Nadine à vous deux et respect de moi aux marins que vous êtes.

Les Gones Flottants

 

Un petit morceau d’Açores.

Bloqués depuis une petite dizaine de jours sur l’île de Sao Miguel en attente d’une embellie pour envisager de rejoindre le vieux continent, à l’occurrence Gibraltar Je sais ce n’est pas le bout du monde mais les 900MN qui nous séparent soit 1660kms demandent une météo sérieuse chose que nous n’avons pas en ce moment. Alors que faire, visiter ce joyau de volcan, apprécier la gentillesse des Açoriens,  prendre le temps de trouver le resto qui fait le meilleur Bacalao, enfin prendre le rythme des lieux. Pour cela nous choisissons toujours l’autocar. Ici le service public n’est pas simplement un mot, vous pouvez le vérifier chaque jour Trouver chez nous un chauffeur de car qui sort son itinéraire pour venir vous récupérer à 500m de la station, et qui s’arrête en bordure de route pour l’arrêt pipi d’un papy eh bien c’est la vérité. Nous sommes mi mai et l’île commence à se couvrir de fleurs. D’hortensias en bordure des routes, d’arums blancs, de taille importante qui ici poussent à l’état sauvage, et les agapanthes d’un bleu ciel tirant légèrement sur le mauve sur une tige vert foncé. Les rosiers sauvages gros comme des arbustes ressemblant à des lauriers, les lauriers et certaines fleurs des Antilles si si ! Bien sûr des  capucines recouvrent les rocailles et des pans de murs ainsi qu’une multitude d’autres fleurs plus sauvages et délicates les unes que les autres. Lorsque le soleil veut bien partager la journée tout cela explose et vous laisse dans la tête des images inoubliables capables de vous faire oublier l’attente et l’ouverture que la météo vous refuse. Alors les journées passent et parfois à l’intérieur de moi-même je ne sais plus si j’ai vraiment envie de partir.

Nadine et Guy dits les Gones Flottants.

 

8/7/6/5 jours adjugés, c’était le nombre de jours qui nous séparaient de Sao Miguel aux Açores au Cap SAO VINCENTE pointe la plus Sud du Portugal et rejoindre ainsi le super mouillage de Portimao juste à l’entrée de la zone Cadix. Alors raconte ?

Après l’attente météo des plus capricieuses dans vous connaissez les détails ! Enfin le mardi 17 mai une petite ouverture pas très peinarde mais ouverture tout de même notre Robert nous ayant quittés la veille par l’aéroplane <<trop longs les voyages à la voile et plein de choses à faire à la maison>>, alors décision prise nous partons. Déjà quittant le port et remontant sous le vent de l’île je me doutais que ça n’allait pas être peinard mais !! dès la pointe je peux confirmer c’est pas peinard du tout les gars, 30/35 à 40° du vent dans une mer forte notre Girls tortille de la croupe et cogne du nez et pourtant après quelques réglages de la trinquette et concessions nous progressons à 15° de notre cap. Au relevé par moi-même de minuit nous avons parcouru 74MN et sommes à 765MN de Sao Vincente. Une nuit de bagnards mais roule ma poule trop tard pour réfléchir nous avons déjà réfléchi 10 jours, l’arrivée sera en face et rien d’autre.

Mercredi 18 mai. On ne change rien et on ferme les yeux pour ne plus voir la mer, je préfère le doux visage de ma Nadine plein de sel et ensemble nous remercions notre capote d’être très, très solide et sans être mystique le Bon Dieu de nous accorder cette grâce d’être ensemble. Nous marchons 5/6 et parfois 7 dans une mer dure et presque de face, je relève toujours le pied pour protéger le voilier. Au relevé de la journée la récompense n’est pas au RV mais 132MN et la visite à plusieurs reprises des dauphins, ce n’est pas si mal <<toujours aucun repas pris à bord juste quelques grignotages>>.

Jeudi 19 mai. Heureusement le moral est au beau fixe et Girls est très sécurisant car dans ces conditions de mer le mot confort n’existe pas. Lorsque derrière nous une voile grossit, contact VHF c’est Django II un super canot de 20/25 ou plus, très sympa, il marche à 10,5nds et nous confirme nos conditions difficiles, pas mal de malades dans son équipage. Nous bombons le torse et essayons de rester dans son sillage le plus longtemps possible, ne serait-ce que l’entendre parler à la VHF avec un encore plus gros <Amazone>. Cela fait du bien d’écouter parler comme cela au beau milieu de l’Atlantique. Super récompense au score des 24h, 154MN sur le cap et à 580MN de St Vincent.

Vendredi 20 mai. Il y a du record à battre mais il va falloir s’accrocher surtout avec ce vent instable et ayant tendance à aimer l’Est. Je sollicite la trinquette depuis un peu longtemps et son écoute pas neuve non plus explose. Je renvoie le génois dessus et vogue pépère cela me donne le temps de changer la traîtresse, la lâcheuse, en prenant sa collègue de bâbord qui a été moins sollicitée. Donc pour résumer 160MN au compteur cela nous motive même s’il serait sérieux de dormir un peu et cela Nadine sait me reprendre me remplacer toujours au bon moment juste avant que je demande grâce car je suis à quelques heures depuis le départ, l’entraînement solitaire à du bon.

Samedi 21 mai. Eh bien c’est comme dab avec un super réveil dans la brume bien pisseuse bien moite. Bien sûr je ne vous comptabilise pas les cargos. D’ailleurs rien que cela ne donne pas envie de dormir à l’idée de se retrouver nez à nez avec une montagne de ferraille. L’AIS sur la VHF est une trouvaille bien pratique mais tous ne l’ont pas alors, surprise surprise lorsque tout à coup sort de je ne sais où coucou c’est moi, le mastodonte celui à qui l’on ne pense pas. Alors on veille voilà c’est tout, on veille c’est la seule vérité.

Et on gratte mille par mille, on se régale d’un petit rayon de soleil et le soir le plaisir simple de comptabiliser 155MN, de déguster une soupe chinoise et de savoir que Saint Vincent n’est plus qu’à 264MN.

Dimanche 22 mai. Une nuit pourrie de chez pourrie et pourtant ce devrait être la dernière. Le vent remonte, 35/40 dans cet alizé portugais plutôt bien placé 60°. Je me demande toujours pourquoi le mot alizé est synonyme de douceur !  Mais nous marchons très fort 7/8 et la mer arrondit ses vagues crochues de cet après-midi qui faisait taper Girls au point de réduire pour ne rien casser <<souvent la nuit la mer fait le dos rond>>. Nous arriverons en matinée sur le rail et nous croiserons

K STREAM, SOLEY 1, WEZ VELASQUEZ, EVER SHINE, GLENDA MELANIE.

Ces doux noms de rêve que portent ces monstres de cargos !! Nous éclaterons notre record avec 168MN, pourquoi ? Peut-être la hargne ou l’esprit régate qui reprend le dessus ou simplement l’envie d’arriver.

Le passage du cap Sao Vicente et Sagres avec une marée montante qui se rajoute à notre propre vitesse nous laisse respirer. Avec ses odeurs de terre, de taillis, enfin je ne peux vous expliquer pourquoi les tartinettes et Rolmarpizzas, dégustées en fin de journée dans le super mouillage de Portimao avec un ti-punch et après une bonne douche nous épanouissent ? Nous aurions déjà oublié cette dure traversée, non ! Cela représente beaucoup de travail pour économiser 8€ sur une bouteille de rhum. J’rigole. Devant nous Gibraltar est en furie d’Est d’après RFI. Alors nous attendrons dans notre mouillage doré après 800MN en 5 jours plus deux heures nous avons du temps. A une prochaine.

Nadine et Guy dits les Gones Flottants  sur Girls Bénéteau 473 de retour des Antilles.

 

Pourquoi aller vite lorsque l’on n’est pas pressé ?

Après une traversée record <pour nous> nous voici de nouveau bloqués à 160MN du but dans l’avant-port majestueux de PORTIMAO. Pas une petite ouverture météo depuis notre arrivée de dimanche. Les zones Gibraltar Strait et Cadix sont dans le rouge d’Est avec du 8/9, pas sur une grande distance mais suffisamment pour aller goûter le petit port de Barbatte à 40MN de Gib et ses 30/40€ la nuit et tout navigateur connaissant la zone sait que même avec un gros moteur <on ne passe pas>. Le côté positif de la chose c’est que nous sommes dans un mouillage confortable et sans un sous à payer. Comme le chef avait prévu large en nourriture donc PANIPWOBLEM comme ils disent aux Antilles. Notre voilier GIRLS n’ayant pas connu l’eau douce depuis notre arrivée risque fort de se ramasser une super ondée marocaine sans avoir à se refaire drosser les côtes dans un clapot cassant. Nous, enfin Nadine,  rebichonne les boiseries, les coussins, la moquette, il faudra sûrement passer les housses à la machine car le sel est bien présent même s’il ne se voit pas. Nous profitons pour visiter le petit village de FERRAGUDO remarquable de vérité juste en face l’immense complexe de Portimao qui sent encore le béton frais et ne nous tente pas du tout.

Bien sûr j’allais y venir, les petits restos sur la place de Ferragudo sont encore vrais, bons et typiques comme on aime et avec des prix plus que corrects qui ont oublié l’€uro.

Donc cet après-midi, après avoir dégusté les lentilles au lard à la dijonnaise que je mitonne, nous irons nous balader à pied dans le coin des falaises qui nous protègent, nous regarderons la mer qui blanchit en nous disant que nous avons peut-être beaucoup de chance.

Nadine et Guy LLATA dits les Gones Flottants

 

Cher Pierre et J-Luc ( des amis qui traversent).

Lorsque j’ai ouvert ton mail j’étais à la terrasse d’un café et ne visualisais pas ta position. En effet tu es un peu haut mais pas d’inquiétude à avoir, en 2007 avec Nadine nous avons effleuré le 40° et c’est là que ns avons touché du N/NW En effet tu dois ressentir l’effet du Gulf Stream qui théoriquement doit favoriser ta vitesse de 1 à 2nds ce qui n’est pas négligeable. Vous êtes sensiblement à 8 jours d’Horta. Fais des relevés vitesse GPS et non lock qui doit être pessimiste de ce %. Mais surtout ne renvoie pas Sud sauf si tu es au N des îles. Bon courage à vous deux J’oubliais le parmentier au thon c’est préférable de le manger au souper, cela cale pour les quarts de nuit BIZZZ à vous deux.

 

 

 

 Portimao : Tout arrive pour ceux qui savent attendre

Sur les fichiers Grib US une ouverture se dessine pour la journée du samedi 28 mai et dimanche 29. Durant la nuit du vendredi au samedi jour de départ, de gros orages balayent et éclairent notre mouillage. Durant une accalmie nous partons et faisons confiance aux fichiers, passons la digue vers 8h30 la houle d’E/SE bien présente mais le vent est faible. Nous longeons les falaises c’est un peu lugubre mais optimistes que nous sommes, regardons toujours devant et constatons que notre horizon est bien meilleur que le lieu que nous quittons, alors roule ma poule cap sur Gib. La grand-voile est haute mais juste là pour amortir le roulis de la houle légèrement de travers, les 100 chevaux du Yanmar callés sur 18OO t/mn nous déhalent à 5/6nds, c’est cool de chez cool. Le vent s’établit à 5nds de S/E. 16H les jeux sont faits, rien ne va plus eh bien pour nous tout va bien, sauf l’absence du vent nous sommes marée descendante c’est super pour notre arrivée sur Tarifa souhaitée avec une marée montante (cela se calcule).

18H, 59MN500 de Portimao toujours au vroom vroom et 96 MN de Tarifa. Le souper se prépare car Nadine monte deux Ti-punchs, sûrement  le dernier apéro en mer (toujours très calme) pour cette aventure. Le souper sera purée en aligot avec de la vache qui rit, super cela cale et c’est facile à manger.

Dimanche 0H, la nuit étoilée est très belle le ronronnement du moteur a tendance à m’endormir mais ce n’est pas le moment de flancher car le coin est très visité et nous longeons le rail des cargos. Sur le Maroc de gros éclairs traversent le ciel mais s’ils sont bien en travers de notre route cela se passe très loin, je croise les doigts. 3H45 je passe sur le banc de Trafalgar, nous n’avons plus que 9/13mètres d’eau sous notre quille, situation normale mais toujours un peu inquiétant de voir les fonds remonter. Une heure après je suis de nouveau sur des fonds de 40 mètres sur le travers de Barbate (port refuge lorsque le passage de Gib ne peut se faire c’est souvent sur Barbate que les voiliers se réfugient en attente de jours meilleurs).

6H le jour se lève ainsi qu’une brume très épaisse qui ne nous lâchera pas jusqu’au travers de Tarifa. La grand-voile dégouline d’eau, Girls transpire de cette rosée poisseuse. Un « cigare » des gardes-côtes nous surprend dans un vrombissement abrutissant, mais nous double sans même nous regarder. 9H20 nous passons le phare de Tarifa et comme par miracle sortons de cette purée de pois pour retrouver un grand ciel bleu sous un soleil éclatant. Détente totale nous somme certains à présent de rejoindre notre but. Une nuée de pêchus (normal c’est Dimanche) nous salue au passage mais nous oblige à zigzaguer pour rejoindre Gibraltar ainsi que les mastodontes attendant leur chargement ou déchargement au mouillage. Passons devant Gibraltar cap mythique de la Méditerranée bien que la vraie difficulté soit Tarifa et rentrons dans le port de plaisance espagnol tout neuf de La Linea.

12H bon accueil, formalités remplies nous sommes à quai avec l’aide du marinero. Nos amis arriveront vers 1H3O du matin, palabres, boissons, etc, super ambiance de retrouvailles. Le lundi un repas en commun dans un resto du coin Nous prenons leur voiture et 1400kms plus loin nous retrouverons la marina de Port Camargue. L’aventure est à présent vraiment terminée.

Nadine, Guy, Robert et Girls qui retrouvera avec ses maîtres la Méditerranée et deux semaines plus tard Port Camargue pour se reposer un peu.

Les GONES FLOTTANTS